Décomposition de Tragédie de Jean-Michel Ribes

 


Dans le rapport de TP suivant on traitera la pièce de théâtre de Jean-Michel Ribes, Tragédie.

Tout d’abord je voudrais mentionner que attaquer cet atelier de théâtre n’a pas été très facile pour moi vu que je n’avais jamais fait du théâtre auparavant. Mais je me réjouis de mon choix parce que l’expérience a été très enrichissante.

Dans un premier point je voulais me concentrer sur les problématiques sur le plan textuel.

Personnellement un des enjeux principaux de cette pièce a été le statut de Jean-Claud. Il m’a fallu une deuxième lecture pour vraiment comprendre l’essence de ce caractère, c’est-à-dire un mari vraiment harassé par la soirée et qu’il n’en avait vraiment rien à faire d’être là-bas. C’est par ses répliques plutôt courtes qu’on voit que le seul de ses désirs serait de partir loin de là. Il détient un statut hybride vu qu’il n’est pas tout à fait dominant -il suit Louise pendant qu’ils cherchent la loge de sa sœur et il lui répond quand elle parle- mais il va finir par partir en la laissant derrière. Donc c’est ce double statut qui fait de Jean-Claude à mon avis le personnage le plus complexe de deux.   D’un autre coté on a Louise, elle reste fidèle à elle-même durant toute la pièce et c’est bien elle qui essaye d’établir une position de paix entre son mari et sa sœur. Même si elle n’a pas profitée de la soirée elle ne le dit pas et tout ce qu’elle veut c’est de retrouver sa sœur pour lui dire « bravo ». Au moment de ma première lecture je voulus jouer Louise parce c’est bien elle qui m’a paru avoir le caractère le plus « facile » à jouer, mais je me suis rendu compte que c’est ce personnage qui détiens la plus part de la parole donc linguistiquement au moment de jouer la scène ça aurait pu être un problème pour moi.
Un autre des enjeux a été d’imaginer la mise en scène. Personnellement je ne voyais pas vraiment comment on pourrait faire comprendre au public qu’on était en train de chercher la porte de la loge de sa sœur. Mais grâce à l’aide du professeur et à ma partenaire on a pu établir une scène dans laquelle on trouvait deux portes (celle par où on entrait et la porte de la loge de Simone) et un espace avec deux chaise comme un « no man’s land » entre la porte de la loge – « l’enfer », et la porte de sortie- « la salvation », en tout cas du point de vue de Jean-Claude (voir croquis en annexe).

Heureusement ce texte laisse libre cours à l’imagination du comédien, les didascalies sont peu nombreuses et j’étais bien contente de ne pas devoir faire gaffe aux didascalies puisque si elles auraient été trop précises je pense que ça aurait été gênant. Vu qu’on avait une assez grande liberté par rapport à cela, ma partenaire et moi on a tracée tout au long le texte nos propres didascalies. On les utilisait plutôt comme repères et cela m’a beaucoup aidé pour donner vie à mon personnage vu que je n’ai pas encore ces automatismes de comédien.

Dans un deuxième point je voulais m’attaquer à l’expérience mené sur scène.

Tout au début de cet atelier j’avais beaucoup trop peur de devoir jouer la scène devant d’autres gens. Même dans les exercices de relaxation qu’on réalisait au début de la classe je me sentais un peu en tension. L’idée de devoir faire une scène où les personnages étaient des parfaits francophones et moi je devais la jouer avec mon accent, cela ne m’attirait pas du tout. Mais avec la pratique et la persévération on a réussi à présenter la pièce complète.

Au niveau de la parole théâtrale, comme a dit Anne Ubersfeld ; « le théâtre est parole ; par parole nous entendons l’ensemble des signes scéniques produit par quelqu’un (paroles, gestes, usage d’un objet), donc des signes qui font l’objet d’énonciation ; les autres signes (non linguistiques) de la représentation sont aussi des dires. » (Ubersfeld, 1996 ; 41). Donc c’est vrai que je me suis heurté à beaucoup de difficultés à l’heure de jouer ces signes scéniques. Je ne savais pas vraiment quand c’est que je devais m’asseoir ou quand c’est que je devais marquer des pauses. Mais cela c’était presque des automatismes et grâce à quelques conseils de ma partenaire j’ai vu où c’est que c’était important de se lever ou de s’asseoir. Cela a été une de mes plus grandes difficultés au moment de jour la scène. Et c’est en jouant cette pièce que je me suis rendu vraiment compte de l’importance des gestes et mouvement du personnage qui ne détiens PAS la parole. Par exemple dans la deuxième page de la pièce il y a une très longue réplique de Louise et pendant tout ce temps il fallait que je sois là très présente, pas en paroles mais en mouvement et en gestes.

Un des aspects qui m’a vraiment plu au moment de jouer cette pièce a été le fait de jouer le personnage d’un homme.   Je me suis senti plus proche du personnage masculin de Jean-Claude que du personnage du Louise. Cela a été plus facile pour moi de jouer en tant qu’homme. Jean-Claude était exaspéré et à deux doigts de partir en laissant son épouse derrière, même s’il la finalement fait, il a quand même réussi à rester avec elle et à lui répondre jusqu’au moment où il n’a pas pu supporter le supplice et a parti tout seul. C’était d’autant plus intéressant pour moi vu que je jouais le rôle de Simone aussi et donc j’ai dû sortir de la salle et temps que mari énervé et exaspéré et revenir en tant que diva qui venait de faire la représentation la plus importante de sa carrière. J’ai beaucoup aimé de jouer ces deux caractères. En plus, le fait que ça soit le même comédien qui joue ce deux personnages en partant comme Jean-Claude et revenant comme Simone ajoute à la pièce un ton plus humoristique.

Au moment de jouer la scène final devant les autres, c’est bien Louise, donc ma partenaire qui a mené à bien la scène. J’étais beaucoup trop centré sur mon texte, vu que je ne voulais pas faire de fautes de langue, que je n’ai pas joué le personnage du tout. Je n’ai pas suivie les didascalies qu’on avait convenu avec ma partenaire et je pense que ça a été plutôt un échec de ma part. C’est là que je me suis rendu compte qu’il ne faut pas trop se centrer sur les didascalies puisqu’au moment de jouer la scène cela viendra tout seul et si tu te centre beaucoup sur jouer sur c’est qui est écrit la scène perdra le cote naturel. Un autre problème au moment de jouer la scène finale, et un de mes peurs depuis le debout a été que le public n’a malheureusement pas compris qu’on cherchait la porte de la loge de Simone. On a mal joué ce moment de la scène et on s’est trop centré sur le texte en oubliant la parole théâtrale. Une autre des remarques de nos collègues à la fin de la pièce ça a été qu’on a joué la pièce un peu trop vite et avec le recul on s’est rendu compte avec ma partenaire que cela était tout à fait juste puisque   comme j’ai dit auparavant on s’est trop concentré sur le texte au lieu de jouer avec les instincts et tout naturellement. Il faut aussi remarquer que la fin de cette scène était un peu compliqué à jouer vu que Jean-Claude a sorti par la porte de sortie et c’est par la même porte que Louise a fait son entrée, vu qu’on ne disposait pas d’autres portes. En imaginant une scène « idéale » j’ai désignée c’est que à mon avis ça aurait été la scène parfaite et la voici :

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On trouverait les deux chaises au milieu comme une petite salle d’attente avec la loge de Simone à droite et la porte de la sortie à gauche. Derrière l’écran noir c’est par où nos deux personnages feraient leur apparition et c’est devant les deux chaises que presque toute l’action se déroulerait. Je crois que c’est une scène théâtrale peu orthodoxe mais c’est justement ce dont on pourrait rêver pour jouer une scène pareille, en tout cas selon moi.
Donc pour conclure je voulais revenir au début de ce travail et dire que même s’il y a eu des difficultés et des peurs tout au long cette expérience cela a été une vrai découverte du monde du théâtre pour moi. C’est ma première expérience théâtrale et je suis sure que cela ne va pas être la dernier.            

Bibliographie :

– Vigeant, Louise. À l’école du spectateur : entretien avec Anne Ubersfeld, Jeu : revue de théâtre, n° 27, (2) 1983, p. 38-51.Accesible on-line sur : http://id.erudit.org/iderudit/28317ac [29/05/13]

– Ubersfeld, Anne. Lire le théâtre II, l’école du spectateur, Editions Belin, Paris, 1996.

 

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